
La parabole du seum
La Parabole du seum est une tentative de survie. Une tentative qui part de la marge, de l’expérience de vies qui résistent à la norme et à ce qu’elle écrase. Face au fascisme qui vient - qui est déjà là - Rebecca Chaillon ne propose ni programme ni consolation. Elle partage une expérience : celle d’humains aux prises avec un monde trop grand, trop lourd, trop urgent, et qui aspirent pourtant à la légèreté. Entre ciel et terre, les toits du 93 et leurs paraboles dressées vers un ailleurs saturé, fragmenté, déjà occupé. Un espace marqué par l’histoire coloniale française, par l’abandon des services publics et la relégation organisée, mais aussi par des stratégies de vie qui inventent sans cesse des techniques de survie.
Face à la rationalité matérialiste et aux monothéismes de la norme, du pouvoir et de la pureté, les syncrétismes religieux, les croyances hybrides, les rituels profanes opèrent comme des résistances poétiques et politiques, des manières de faire respirer l’âme.
Dans La Parabole du seum, le ciel est à la fois le lieu d’où tombent les catastrophes - ouragans, inondations, désastres dits « naturels », qui révèlent toujours les mêmes lignes de fracture, et les nouveaux territoires de l’impérialisme occidental. Si le ciel est furieux et s’il n’est plus vide, quel espace reste-t-il pour projeter nos croyances ?
Entre gravité et légèreté, Rebecca Chaillon compose une parabole drôle et féroce : à défaut de leçon, une parabole du seum.